Comment éviter le mal de mer en voilier : la règle des 5 F

Le mal de mer, est une crainte qui revient souvent chez les locataires, surtout ceux qui naviguent pour la première fois.

Mais soyons honnête, tout le monde est concerné. Même les plus grands marins y sont sensibles, le temps que l’organisme s’habitue et de s’amariner. Ceux qui disent n’avoir jamais le mal de mer mentent, ou n’ont navigué que par beau temps et mer plate. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut agir dessus avant même de larguer les amarres.

Le mal de mer, c’est quoi exactement ?

Le mal de mer vient d’un conflit d’informations dans le cerveau. L’oreille interne, qui gère l’équilibre, perçoit le mouvement du bateau : le roulis, le tangage, les accélérations. Les yeux, eux, regardent souvent un point fixe à bord, la carte, un livre, l’intérieur du bateau, et ne voient donc aucun mouvement.

Le cerveau reçoit deux messages contradictoires, l’un qui dit qu’on bouge, l’autre qui dit qu’on est immobile. Face à ce désaccord entre les sens, il réagit comme s’il y avait un empoisonnement, avec les mêmes symptômes : nausées, sueurs froides, vomissements. C’est une réaction de protection, mal calibrée pour la situation, mais bien réelle.

C’est aussi pour ça que regarder l’horizon aide autant : ça permet aux yeux de retrouver un repère de mouvement cohérent avec ce que ressent l’oreille interne, et le conflit s’apaise.

Il existe une règle simple que les marins se transmettent depuis longtemps pour limiter les risques de mal de mer : la règle des 5 F. Froid, Faim, Fatigue, Frousse, et Soif. Cinq facteurs qui, pris séparément, semblent anodins, mais qui mis bout à bout fragilisent l’organisme et le rendent plus sensible au conflit décrit plus haut.

La règle des  5F pour prévenir le mal de mer

Froid

Avoir froid demande de l’énergie au corps, qui doit se réchauffer en permanence. Cette dépense supplémentaire fatigue l’organisme et le rend plus sensible au mal de mer. C’est une des raisons pour lesquelles une bonne tenue fait une vraie différence en mer, bien au-delà du simple confort.

Habillez-vous en plusieurs couches, quitte à en retirer une si vous avez chaud, plutôt que de partir en pariant sur le beau temps. Le vent apparent, notamment au près, refroidit plus vite qu’on ne l’imagine, même en plein été.

Faim

Naviguer le ventre vide n’aide pas. L’estomac vide favorise les nausées, surtout combiné au mouvement du bateau. Prenez un vrai petit-déjeuner avant de partir en evitant les aliments trop acides. 

En mer, on grignote plus qu’on ne mange vraiment. Prévoyez des sandwichs faciles à manger d’une main, des barres de céréales, des bananes, des fruits secs. Des aliments simples, qu’on peut manger par petites quantités régulièrement plutôt qu’un gros repas d’un coup.

Fatigue

Un corps fatigué encaisse moins bien le mouvement et les sensations inhabituelles de la navigation. Si vous partez tôt le matin ou après une courte nuit à faire la fête, ou après un long trajet en voiture, le corps est déjà sollicité avant même d’embarquer.

Essayez d’arriver reposé, faites une petite sieste si besoin, surtout pour une première sortie. Ce n’est pas toujours possible, mais quand ça l’est, ça change beaucoup de choses.

Frousse

L’appréhension joue un rôle qu’on sous-estime souvent. Le stress et l’anxiété perturbent le système nerveux et peuvent déclencher ou aggraver le mal de mer, même par mer calme.

C’est aussi le seul des 5 F qu’on ne maîtrise pas totalement. Si les conditions météo annoncées vous font peur, mieux vaut reporter la sortie ou attendre que ça se calme plutôt que de partir la boule au ventre. Une appréhension qui vient d’une vraie inquiétude sur les conditions n’est pas à ignorer, elle mérite d’être écoutée.

SoiF

La déshydratation fatigue l’organisme et amplifie les symptômes du mal de mer une fois qu’ils s’installent. On y pense moins qu’à la faim, mais c’est tout aussi important.

Buvez régulièrement, par petites gorgées, plutôt que d’attendre d’avoir soif. Évitez l’alcool avant et pendant la navigation, il déshydrate et n’aide vraiment pas. Pour ne pas oublier de vous hydrater, essayer de créer des règles simples comme 1 manoeuvre = 1 gorgée, ou mettez un minuteur. 

Si le mal de mer arrive quand même

Si les premières sensations arrivent malgré tout, repensez aux 5 F et regardez lequel pourrait être en cause. C’est souvent un bon point de départ pour savoir sur quoi agir en priorité.

Si c’est la faim, forcez-vous à manger par toutes petites quantités, une banane par exemple, bouchée après bouchée, quitte à la finir en plusieurs fois plutôt que d’un coup. Si c’est le froid, ajoutez une couche même si le ciel est dégagé. Si c’est la fatigue, allongez-vous quelques minutes si possible.

D’autres réflexes aident dans l’instant : prendre la barre du bateau, rester au centre du bateau, là où le mouvement est le moins marqué, garder les yeux sur l’horizon plutôt que sur un point fixe à bord, et éviter la lecture ou les écrans, qui accentuent le conflit entre ce que le corps ressent et ce que les yeux voient.

Si vous savez que vous y êtes sensible, des médicaments contre le mal des transports comme le Mercalm se prennent en prévention, avant le départ, pas une fois les symptômes déjà là. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de partir, notamment si vous prenez déjà d’autres traitements.

La règle des 5 F n’est pas infaillible, personne n’est à l’abri d’une mer un peu formée le jour où on est le moins en forme. Mais en y pensant avant de partir, vous mettez toutes les chances de votre côté pour profiter pleinement de votre sortie.