Comment bien s’équiper pour naviguer en voilier ?

Ça y est, votre location approche. Vous avez déjà regardé la météo, préparé votre route, et vous êtes prêts à larguer les amarres au départ de La Baule-Le Pouliguen. Reste une question qu’on néglige trop souvent : qu’est-ce qu’on emporte comme tenue ?

Régulièrement je vois des gens partir en mer en short et t-shirt par un beau temps ensoleillée, et revenir plus tard frigorifiés, voire trempés. C’est une erreur classique de débutant qu’il n’a pas anticipé les conditions changeantes et l’impacte des différentes allures en voilier. Voici comment je m’équipe, et comment vous pouvez faire pareil pour une sortie à la journée.

Se protéger du froid

Haut du corps : règle des 3 couches

En mer, la météo change vite, et l’allure du voilier peut amplifier le ressenti. Le vent apparent refroidit, les embruns mouillent, et le même après-midi peut passer de plein soleil à un grain qui vous rince en dix minutes. La solution la plus simple, empruntée à la montagne, c’est la règle des 3 couches. Pas besoin d’acheter un ciré de compétition pour une sortie occasionnelle, l’idée est surtout de pouvoir ajuster au fil de la journée.

  1. Première couche, contre la peau : un vêtement technique qui évacue la transpiration. Évitez le coton, qui reste humide une fois mouillé et vous refroidit au lieu de vous protéger. Un simple t-shirt technique de randonnée ou de running fait très bien l’affaire.
  2. Deuxième couche, isolante : une polaire ou une petite laine qui garde la chaleur. C’est la couche qu’on enlève et qu’on remet selon le vent et le soleil du moment.
  3. Troisième couche, protectrice : un coupe-vent imperméable, ou mieux une veste de quart si vous en avez une. Elle vous protège des embruns et du vent, qui refroidit beaucoup plus vite en mer qu’on ne l’imagine à terre.

Avec ces trois couches, vous pouvez ajuster au fil de la journée. Et n’hésitez pas à compléter votre tenue avec un cache cou et un bonnet, pour rester au chaud par temps frais. C’est principalement par là qu’on se refroidit et que l’on attrape froid. 

Bas du corps

Vous ne devez pas non plus négliger le bas du corps. Une vague peut passer par-dessus bord et avoir les fesses trempées le reste de la sortie n’a rien d’agréable. Le haut du corps n’est pas le seul à protéger.

Personnellement je navigue principalement en legging de sport. C’est une matière respirante, qui sèche vite et offre une grande liberté de mouvement. Cela me protège également des UVs.

Les jours de mauvais temps, ou quand la mer est formée, je complète ma tenue avec ma salopette de quart : coupe-vent, étanche, résistante au ragage sur l’antidérapant, et surtout elle me laisse une vraie liberté de mouvement. Mais pour une sortie occasionnelle, pas besoin d’investir dans une salopette. Un pantalon coupe-vent ou un surpantalon de pluie de vélo fait très bien l’affaire, ça reste peu cher et ça permet de rester au sec s’il se met à pleuvoir ou si le pont est mouillé.

Pieds

C’est souvent le point le plus négligé, et pourtant le pont d’un voilier est glissant, surtout mouillé. Les claquettes ou les tongs ne tiennent pas au pied dès qu’on doit se déplacer, et elles n’offrent aucune accroche.

Le mieux reste des chaussures de pont ou des baskets à semelle non marquante, qui sèchent vite et accrochent bien sur le pont mouillé. Si vous naviguez tôt en saison ou que vous n’aimez pas avoir les pieds mouillés, des bottes courtes de voile font aussi très bien l’affaire.

Se protéger du soleil, même par temps couvert

Sur l’eau, le soleil tape plus fort qu’on ne le pense : la réverbération sur la mer ajoute une bonne dose de rayonnement à celui qui vient directement du ciel, même sous un ciel voilé. Emportez une casquette ou un chapeau qui tient au vent, des lunettes de soleil (idéalement polarisantes), et de la crème solaire. Pensez à en mettre y compris sur les zones qu’on oublie facilement comme les oreilles, les mains ou le dessus des pieds.

La navigation de nuit

Les nuits en mer sont fraîches, même en plein été. L’humidité s’invite vite, et on a froid même quand la température affichée ne le laisse pas penser.

Personnellement : j’ai une tenue complète pour la journée, et une autre pour la nuit. En journée, on a chaud, on transpire dans les manœuvres ou simplement au soleil, parfois même sans rien faire de particulier. Quand la nuit arrive, je change tout : sous-vêtements, chaussettes bien chaudes, t-shirt, legging ou pantalon polaire. Ça permet de repartir avec des vêtements secs plutôt que de garder sur soi une tenue humide de transpiration toute la nuit. Et au lever du jour, nouveau changement, avec une tenue plus adaptée aux conditions qui arrivent.

Cette règle vaut surtout pour les navigations de plusieurs jours, mais le principe reste utile même sur une sortie plus courte qui se termine en soirée.

Ce qu’on prévoit en plus

Un petit sac étanche pour le téléphone, ses papiers et des vêtements de rechange, c’est toujours utile. Un vêtement mouillé et un vent frais suffisent à gâcher la fin d’une belle journée.

Voilà, vous êtes parés. Près à affronter la mer,  le froid, et l’humidité pour ne garder que le plaisir d’être en mer. Bonne nav !